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  • Photo du rédacteurDorothée de Collasson

De l'art sous un panier de basket

Le printemps dernier dernier a été florissant en rencontres et en événements. Mes feutres m'ont ainsi conduite dans une école secondaire ontarienne, décidément, j'adore ce que m'offre ce métier.


Le Centre d'excellence artistique de l'Ontario organisait une rencontre nationale sur la thématique de l'apprentissage des arts, au Canada. L'occasion pour des dizaines de jeunes canadiens francophones et de professionnels, de toutes les provinces canadiennes de venir se rencontrer et échanger des idées durant plusieurs jours.


J'accompagnais donc cet événement d'ampleur, avec le défi de m'adapter à une programmation dense, avec un nombre vraiment important d'activités variées (tables rondes, pièce de théâtre, ateliers de pratique artistiques, ateliers de réflexions, plenières etc.), le tout dans une école secondaire devenue fourmillière, assez étendue.


La première journée commence avec le petit défi de... dessiner sans lumière. Une pièce de théâtre est jouée par les jeunes du secondaire, ils sont inspirants, parlent de leur identité, des cases dont ils cherchent à sortir, des termes qui cherchent à les définir, de l'absurdité de vouloir "hiérarchiser" les identités, ou de la complexité de mettre de l'avant les différences selon leur "degré" de stigmatisation. Le message est clair et fort... mais la pièce est jouée dans un auditorium, tout comme la table ronde qui suivra! Je me retrouve donc dans le public, dans le noir, à la timide lueur de mon téléphone, génée de déranger mes voisins! Note à moi même : vérifier toujours le contexte et dispositif en amont! On apprend en continue !



Quelques bribes capturées dans le noir

Quelques bribes capturées dans le noir


L'après midi, les participants de l'événement sont répartis dans une dizaine d'ateliers de pratique artistique dans lesquels ils peuvent expérimenter la pratique d'un art, assister à une démonstration : musique, danse. Un vrai enjeu à dessiner puisqu'ici on est dans l'action plus que dans les mots. J'observe, je me promène, de studio de danse en studio de musique. La journée se conclut par une vaste plénière dans le gymnase, durant laquelle la programmation du lendemain se construit, avec la récolte de tous les sujets que les participants aimeraient aborder. Je dessine sous un panier de basket, encore un contexte incongru! Mais on sent beaucoup de passion dans ce gymnase, dans lequel ça parle art et culture! Une jeune fille semble captivée par la facilitation graphique, qu'elle semble découvrir ce jour là. L'occasion pour moi de lui tendre les feutres, et de l'inviter à dessiner quelques thématiques selon sa perception, sur la fresque, ce qu'elle accepte, ravie. Si je peux profiter d'un événement sur l'apprentissage des arts pour donner des idées à certains pour utiliser leurs talents, tant mieux !



Le lendemain est l'occasion d'ajuster mon plan de match : puisque 3 sessions de 10 ateliers (1h) en simultané auront lieu, et que je n'ai pas la capacité de me démultiplier (héééé non), je vais utiliser une technique que j'affectionne pour ce genre de contexte, et que j'appelle la MOSAÏQUE D'IDÉES.


Chaussée de mes plus belles chaussures de sport (on ne néglige pas son corps quand il s'agit de cavaler dans les couloirs du secondaire), je vais me donner le défi (très ambitieux) de me promener dans tous les ateliers, et de capturer quelques bribes dans chacun. Sur des cartons de couleurs, je traduis en dessin des idées, notes des phrases marquantes, pour composer petit à petit une mosaïque. Une technique que j'avais déja expérimenté à la Coalition de la Petite Bourgogne, lors d'une journée d'atelier sur la sécurité alimentaire, et donc le résultat avait été très apprécié.

Mosaique d'idées à la Coalition de la Petite Bourgogne - mai 2023

mosaique d'idée au centre d'excellence artistique


La journée se conclut sur un cercle de parole très touchant de ces jeunes et professionnels qui viennent tant du Yukon que du Nunavut, et on parcouru des milliers de kilomètres pour venir défendre leur droit d'apprendre les arts, ou bien leur volonté de l'enseigner. Parmi les sujets qui ont été abordés et m'ont marquée :

- La place occupée par le SPORT (vs les arts) dans les institutions scolaires, largement plebiscitée et soutenue tant par les parents, que par les financements déployés. Aussi l'art de retrouve t il souvent relégué à la seconde place, malgré l'importance qu'il revêt pour des milliers de jeunes. Un défi qui s'accompagne d'un devoir de structuration, de regroupement, de discours fort, et de visibilité.

- Le désir des jeunes - incarnant la relève - d'exprimer leur art de différentes façon, incluant des moyens plus modernes mais selon eux tout aussi légitime (l'art numérique par exemple)

- l'envie de faire rayonner les talents, avec l'organisation de concours pancanadiens

- l'Importance de discuter et de se mettre en réseau, d'apprendre les uns des autres, en organisant par exemple des échanges à travers le pays.

- la difficulté d'accéder à des professeurs compétents partout au Canada, incluant des régions très reculées.

- la volonté de décentrer les arts d'une culture occidentale et coloniale, tant en intégrant des oeuvres autochtones qu'en donnant accès à des instruments de musique du monde entier.

- la place de la francophonie (et par exemple de la littérature francophone) dans ce vaste pays dont la plupart des provinces ont l'anglais pour langue dominante





Evidemment, dessiner 30 ateliers en 3h est impossible. Aussi avions nous décidé par avance d'illustrer par la suite le contenu de chaque atelier discuté, pour le rapport de l'événement. En voici le résultat.







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