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  • Photo du rédacteurDorothée de Collasson

Le grand écart sur l'Atlantique

Dernière mise à jour : 15 mars 2023


Une petite mise en contexte...


Si je suis née et ai grandi en France, mes pas m’ont amenée début vingtaine de l’autre côté de l’Atlantique, à Montréal, au Québec. C’est dans là que je considère avoir fait mes “vrais” premiers pas professionnels. J’ai ainsi passé 10 ans au sein d’un organisme à but non lucratif, à imaginer, coordonner et développer divers programmes autour de la question de l’inclusion sociale. En parallèle, j’ai développé mes compétences en médiation / facilitation, et en facilitation graphique. Jusqu’ici tout va bien.


Seulement voilà, dans un coin de tête, il y avait toujours la France. L’envie d’y retourner pour un temps, de voir comment c’est, la vie d’adulte, la bas. Alors après 10 ans, j’ai sauté le pas et j’ai tenté un retour en France. Comme beaucoup d’autres, le retour après 10 ans en dehors de mon pays d’origine a été un petit parcours plein de challenges et d’apprentissages, notamment sur le plan de l’emploi, mais ça m’a poussé à développer ma micro entreprise (j’en parle notamment ici). Avec ce statut, j’ai découvert une forme de très grande liberté, assez excitante je dois dire.


J’ai conservé des client.e.s au Québec, et j’y suis retournée à deux occasions pour des séjours de quelques semaines ou de quelques mois. J’ai compris qu’il n’était pas impossible pour le moment d’avoir une jambe, ou pied, ou un doigt, ou un orteil, qui traîne encore d’un bord ou l’autre, en attendant d’y voir plus clair.


Et puis j’ai commencé à lister les enjeux que cela représente, mais aussi les avantages ! Voici donc un partage, dans lequel peut être certain.e.s se reconnaitront.



La boussole



Le hic ? mais ou est Charlie?


Ça c’est le plus évident : il faut sans arrêt composer avec les questions de ce type. Les gens AIMENT vous placer dans des CASES. Et la case "grand écart", on ne la comprend pas trop (Linkedin notamment qui demande qu’on inscrive UNE ville où l’on est. Pigeon voyageur, débrouille toi avec ça). Combien de fois m’a t-on demandé si j’étais définitivement “rentrée” d’un bord ou de l’autre? C’est une gymnastique, un travail de communication et de patience de jouer avec les interrupteurs entre le présentiel et la distance. Québec, c’est à votre tour pour me voir en vrai, France, on bascule sur le mode “à distance”


Le hit : Charlie se promène.

Numéro 1! Pouvoir conserver des client.e.s dans les deux pays, voir du pays, apporter ma contribution de partout. Travailler sur des projets de traduction visuelle autant dans un bureau Montréalais qu’au coin d’une cheminée dans la maison familiale de campagne en France… Rester à l’écoute des besoins, de là ou les pousses germent le plus, et suivre la vague!



La disponibilité


Le hic : le Fomo (Fear Of Missing Out)

Je crois bien que celui la c’est celui avec lequel j’ai encore du chemin à faire ! Parce que je ne facilite ou ne peins pas encore en hologramme, parce que Zoom a perdu de sa superbe après le Covid (et grosso modo, tant mieux) ou parce que le décalage horaire ne me permet pas de travailler à 3h30 du matin (je me respecte!). Donc un grand écart entre deux continents, ça veut quand même dire choisir ou l’on est en présentiel. Ça signifie donc qu’on va passer à côté d’un tas d’opportunités qui ont l’air trop chouettes…



Le hit : le J.O.M.O ("Joy Of Missing Out")

Quel bel exercice d’acceptation de ses propres choix… Gérer sa frustration et accueillir le fait qu’on a fait un choix et qu’on accepte ses conséquences. Pour moi, un défi, un obstacle, c'est surtout une opportunité de développer des solutions créatives : Mettre a profit son absence pour mieux préparer son retour, retrouver avec joie les client.e.s d’un côté ou de l’autre quand on les voit en présentiel et surtout, développer des façons de travailler autrement, adapter les formats, varier mon offre et les formules : ce qui peut être fait à distance, les synthèses graphiques, les formules d’ateliers, les rencontres sur zoom.

Et parlant de formule, quelle richesse que de faire voyager d’un pays à l’autre mes apprentissages, tant en terme de pratique que de contenus, sur les sujets sur lesquels j’ai la chance de travailler : transition écologique, biodiversité, inclusion sociale… Je me sens telle une courroie de transmission, plus informée, plus outillée, je contribue aux réflexions d’Une façon plus pertinente.



La Communauté


Le hic : Un petit frein au décollage

La facilitation (et la facilitation graphique), ça reste un petit milieu. J’ai rencontré en France une belle communauté solidaire, qui s’approprie encore ensemble cette profession, sans jouer des coudes. J’ai vécu un sentiment de connexion fort et agréable. Rencontrer des pairs, et repartir alors que la relation se construit, et que les cartes d’affaires font leur chemin, ça reste une petite frustration, ça nécessite de l’ingéniosité pour garder la flamme.


Le hit : deux fois plus de communauté

Ça double également l’amplitude de la communauté. Déjà, de nombreux événements / formations organisés par le réseau de la facilitation sont de plus en plus orienté “francophonie” même si souvent ça se limite à la Belgique, la France, la Suisse, et le Québec. Ça veut dire que j’ai aujourd’hui des “pairs” dans plusieurs pays, avec lesquels je peux échanger sur la pratique, sur comment elle se développe d’un côté comme de l’autre, et ça, c’est très riche.


Le réseau


Le hic : Deux fois plus de boulot de réseautage

La liberté, ça ne peut pas avoir que des avantages, hein? Qui dit deux pays dit… deux réseaux locaux à alimenter. Parce que le bouche à oreille rencontre quand même quelques turbulences au milieu de l’Atlantique. Alors on fait de belles rencontres de client.e.s potentiell.e.s qui penseront à vous la prochaine fois, relations qu’on entretient comme on peut…


Le hit : un océan plein de poissons

Qui dit deux fois plus de réseau dit aussi... deux fois plus d'opportunités potentielles, d'événements à infiltrer, de rapports à démystifier, de conférences à traduire, d'atelier à outiller... Quelle richesse de rencontrer des personnes d'univers aussi variés... FOIS DEUX!




L’administration


Le hic : démêler le noeud

Sans surprise, l’aventure présente son petit lot de défis administratifs : dans quels pays déclarer ses revenus? Et payer ses impôts? Où recevoir ses revenus professionnels? Dans quelle devise? Heureusement, j’ai eu la chance de tomber sur de belles personnes dans les méandres de l’administration française, qui m’ont tout bien expliqué. Ca reste un bon casse tête (elles m’ont toutes souhaité bon courage), tout comme celui de jongler et de trouver ses propres conditions sur la question des droits d’auteurs, adaptées à chaque législation, à chaque modèle. Il s’agit de trouver le juste milieu et de le défendre.


Le hit : ça devient sérieux!

il y a des solutions. Niveau fiscalité, on peut choisir de payer ses impôts dans les deux pays, si l’on est enregistré comme entreprise ou qu’on peut justifier qu’on a un siège. On peut aussi rapatrier ses revenus dans un des deux pays et ne payer des impôts que dans un seul. C’est très résumé, mais il existe une convention fiscale entre le Québec et la France.

Niveau droits d’auteurs, devis, factures, contrats je progresse jour en jour en déclinant ou en hybridant les lois et modèles des deux pays et en solidifiant mes propres conditions.


En espérant que ce petit partage saura vous convaincre de vous lancer si vous aussi vous avez le coeur (ou le corps) qui balance, et de traverser l'océan avec moi, si ce que je vous offre peut nourrir vos travaux !




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